823 | GENESIS

Peinture de Biagio Fortini, Italie

 

Genèse

Chaque poème commence au lever du soleil Même
si le soleil n’est pas visible (c’est-à-dire par temps pluvieux),
le poème éclaire tout, il illumine la terre,
le ciel avec des nuages au passage – la lumière gène,
quand elle est trop violente. Ensuite le poème s’élève
avec la brume que le jour entraîne avec lui, il pénètre la cime des
arbres, chante avec les oiseaux et coule avec les ruisseaux dont personne
ne sait d’où ils viennent et où
ils vont. Le poème raconte l’origine de tout :
sauf la sienne, qui commence par un sombre hasard,
comme ce matin, et se termine, également par hasard,
avec le soleil qui s’obstine à vouloir percer.

Nuno Júdice, Portugal, 1949-2024

Traduction Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache