821 | TALE OF A FAITHFUL WIFE

Photo de Germain Droogenbroodt

 

Histoire d’une épouse fidèle

Lorsque tu t’es envolé vers un pays lointain aux montagnes bleues,
je n’ai pas pleuré avec force comme le font de fidèles épouses,
je ne me suis pas comme certaines adonné à un isolement feint,
car tu m’avais laissé l’odeur de ton corps.

Dans notre nid au-dessus du cytise,
j’attendais une poignée d’amour
que tu m’apporterais peut-être.

Plongeant dans la lumière du matin je commence ma journée,
feuilletant les livres saints ; que tout aille pour le mieux.
Tous les jours j’attends des amis pour le lunch,
dans les après-midis oisifs des pensées mélangent ombre et lumière.
Si les étoiles sont vos voisines, qui donc se fâcherait avec la lune ?
Où est la possibilité d’être triste ?
Les nuages m’apprennent à voler.

Mais ce soir-là, lorsque le rugissement du vent a pénétré ma chambre
et renversé mes bougies,
j’ai compris pendant la prière du soir
que loin de moi, les côtes de mon amour
avaient été brisées, sans pitié.
Cette nuit là est venue la première pluie de l’année
et depuis ce jour la pluie tombe
pour écrire un livre entier de vraie tristesse.
La beauté adoucit peu, au-dessus du cytise,
mon cœur abandonné est à présent un bûcher brûlant.

Tamali Neogi, India

Traduction Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache