La poésie
La poésie
La poésie sillonne la terre seule,
de sa voix elle partage le mal du monde
elle ne demande rien
pas même des mots.
Elle vient de loin, inattendue, ne s’annonce jamais ;
mais possède la clé de la porte.
En entrant elle s’arrête et nous regarde.
Alors elle ouvre la main et nous donne
une fleur ou un caillou, une chose secrète,
mais si intense que le cœur
bat la chamade. Et nous nous réveillons.
Eugenio Montejo, Venezuela (1938-2008)
Traduction Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache
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La poesía // La poesía cruza la tierra sola, / apoya su voz en el dolor del mundo / y nada pide / ni siquiera palabras. / Llega de lejos y sin hora, nunca avisa; / y tiene la llave de la puerta. / Al entrar siempre se detiene a mirarnos. / Después abre su mano y nos entrega / una flor o un guijarro, algo secreto, /
pero tan intenso que el corazón palpita / demasiado veloz. Y despertamos.



